Orgueil et Préjugés, Jane Austen

Publié le par SoSo

    (10h21)    
 
           
 
        Voici l'un de mes livres préférés écrits par Jane Austen.
 
Je l'ai lu, relu et re-relu (ça se dit ça?), pourtant je n'ai pu m'empêcher de m'inscrire à cette lecture commune.
Tous les thèmes chers à l' auteur sont présents. Et ce qui me plaît d'autant plus c'est son ironie qui atteint ici son paroxysme. En retard dans mes lectures, je n'avais pu commencer sa relecture plus tôt, j'ai donc passé ce jour en compagnie de Jane, et ce pour mon plus grand plaisir. L'idéal en cette journée de 1e mai!
 
Orgueil et Préjugés aborde le mariage dans la petite bourgeoisie anglaise. Elle dénonce le "commerce" de jeunes femmes qui se retrouvaient engagées à une fortune. Ceci est dépeint dès la première ligne du roman : c'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier,et, si peu que l'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles. J. Austen par le biais de Mrs Bennet critique amèrement ces mères qui consacrent leur vie à vouloir à tout prix marier leurs filles, mais surtout leur volonté à ce qu'elles fassent un bon mariage (Célibataire et très riche! Quatre ou cinq mille livres de rente! Quelle chance pour nos filles! ).
Malheureusement, cette attitude aura des conséquences pour Lizzy. Le côté matérialiste de sa mère n'a pas échappé à Mr Darcy, refusant lui-même être l'objet de convoitise. Il a les moyens et l'intelligence de vouloir épouser celle qu'il désire et non de se laisser imposer qui que ce soit. D'ailleurs, ce désir fait de lui quelqu'un de dédaigneux pour le reste de la communauté, ne se donnant la peine de répondre ou n'adressant la parole qu'aux personnes de son groupe et refusant de se laisser présenter aux autres. Aussi fut-il vite jugé. C'était l'homme le plus désagréable et le plus hautain que la terre eut jamais porté. Sa présence est peu souhaité (l'on espérait bien qu'il ne reparaîtrait à aucune autre réunion), il est certes cultivé mais n'est pour le moins du monde diplomate. Il n'hésite pas à dire tout haut ce qu'il pense sans réaliser qu'il peut blesser. Il en va ainsi quand il juge Elizabeth sachant pertinemment qu'elle pourrait l'entendre, elle est passable, mais pas assez jolie pour me décider à l'inviter. Du reste je ne me sens pas en humeur, ce soir, de m'occuper des demoiselles qui font tapisserie. De par cette attitude, plus personne ne se donnera la peine de découvrir quel individu est Mr Darcy, il est catalogué et nous le verrons au fil des pages méjugé. On ne perd pas grand chose à ne pas être apprécié par ce monsieur! C'est un homme horriblement désagréable qui ne mérite pas qu'on cherche à lui plaire.
J. Austen explique la différence, par le biais d'une des soeurs Bennet, Mary, entre la vanité et l'orgueil. Il est juste de voir que même si par certains aspects Darcy est orgueilleux, les critiques fusent de personnes vaniteuses. La vanité et l'orgueil sont choses différentes, bien qu'on emploie souvent ces deux mots l'un pour l'autre; on peut être orgueilleux sans être vaniteux. L'orgueil se rapporte plus à l'opinion que nous avons de nous-mêmes, la vanité à celle que nous voudrions que les autres aient de nous.  Les préjugés, comme le titre du roman l'indique, les concernent tous. Austen dénonce un monde qui ne prend peu la peine de se connaître réellement, la condition sociale primant.
Elizabeth avouera qu'elle ne prit le temps de s' attarder sur le cas Darcy. Son opinion étant faite, il ne méritait pas tant d'importance. Elle fut blessée par ses propos et touchée par son attitude désobligeante envers sa soeur Jane, elle ne peut avoir qu'une faible opinion de cet être abject selon elle (je lui passerais volontiers son orgueil s'il n'avait pas modifié le mien). Lizzy n'a pas au début du roman la mâturité nécessaire, elle l'acquiert au fil des pages notamment quand elle réalise que son jugement sur Mr Wickham est loin d'être juste. Elle comprend qu'il ne mérite aucun éloge et s'est grandement trompée sur cet homme. Elle a rejeté Darcy et pourtant, elle prend conscience qu'ils ont tous deux un caractère identique, elle se sent beaucoup plus proche de lui, elle avait honte maintenant de s'être laissée aller à un pareil jugement. Je me demande encore si elle l'aime profondément (quand on observe la manière dont l'auteur parle de ses sentiments) ou si le fait d'être l'épouse d'un tel homme, par la culture de son esprit, par sa connaissance du monde, flâte son égo. Etre aimée par Darcy pourrait exercer sur elle une influence plus heureuse encoreElle est touchée par de tels sentiments, elle éprouve désormais du respect, de l'estime et de la reconnaissance. Néanmoins, Jane Austen évoque églament un sentiment de jalousie, qui ne peut que prouver son réel attachement Elizabeth le suivit du regard, enviant tous ceux à qui il adressait la parole. Finalement après l'annonce du mariage de Lizzy, l'auteur avec la réaction de Mrs Bennet, qui détestait Darcy, résume parfaitement le fonctionnement de la société victorienne. Elle est heureuse pour sa fille, non pas parce qu'elle épouse un homme digne d'elle mais parce que celle-ci a fait un bon mariage Miséricorde! Bonté divine! Peut-on s'imaginer chose pareille? (...) O ma petite Lizzy, comme vous allez être riche et considérée! Argent, bijoux, équipages rien ne vous manquera!  
           
                                                          
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Lectrice, Armando 
 

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